Malgré les efforts de sensibilisation et de prévention, la conduite sous l’emprise de substances altérant les capacités de conduite demeure un facteur majeur d’accidents graves et mortels.
L’alcool est aujourd’hui impliqué dans près d’un tiers des accidents mortels sur les routes. Les stupéfiants, quant à eux, sont présents dans environ un accident mortel sur cinq, souvent en combinaison avec d’autres facteurs de risque tels que la vitesse ou la fatigue. Par ailleurs, certains médicaments, bien que prescrits, peuvent également altérer la vigilance, les réflexes ou la capacité de concentration, contribuant ainsi à augmenter le risque d’accident.
Ces chiffres rappellent une réalité incontestable :
La conduite sous l’influence de substances addictives ou incompatibles avec la conduite constitue un enjeu majeur de sécurité routière, mettant en danger le conducteur lui‑même, mais aussi l’ensemble des usagers de la route.
Dans ce contexte, la vigilance individuelle et la prévention collective restent des leviers essentiels pour réduire ces risques et préserver des vies.
Conduire nécessite toutes ses capacités, à la moindre altération, le risque d’accident augmente fortement.
Conduite sous stupéfiants : une interdiction totale et un état incompatible avec la conduite

La conduite sous l’emprise de stupéfiants est strictement interdite, sans seuil minimal. Toute présence de drogue caractérisée lors d’un contrôle constitue une infraction entrainant des sanctions très lourdes (amende d’emprisonnement, retrait de points, suspension ou annulation du permis).
En cas de cumul entre alcool et stupéfiants, les sanctions sont aggravées, pouvant atteindre 9 000 € d’amende et 3 ans d’emprisonnement.
En plus d’être interdite, la consommation de tous les types de drogues représente un danger réel sur la route entrainant une augmentation du temps de réaction, diminution de l’aptitude à décider rapidement et altération de la conscience de son environnement.
Plus d’informations : La drogue et la conduite
Focus CBD : un faux sentiment de sécurité

Le CBD est légal en France… mais pas sans risque au volant.
Les contrôles routiers ne détectent pas le CBD, mais le THC, substance classée comme stupéfiant. Or, la majorité des produits CBD contient des traces de THC, même en faible quantité et en restant dans le cadre légal (taux de THC inférieur à 0,3 %).
La moindre trace de THC suffit à être contrôlé positif… et sanctionné, même après consommation d’un produit légal.
En pratique, il est donc impossible de garantir qu’un test sera négatif après consommation de CBD surtout que d’après l’étude MILDECA, si la majorité des produits respectent bien la limite de 0,3 % de THC, une partie non négligeable des produits analysés présente des niveaux de THC supérieurs ou non conformes.
Médicaments et aptitude à la conduite

Certains médicaments, y compris lorsqu’ils sont prescrits, peuvent altérer la vigilance, les réflexes ou la capacité de concentration.
Afin d’informer les usagers, les médicaments sont classés en trois niveaux de risque, matérialisés par un pictogramme sur les boîtes :
- Niveau 1 : risque faible, vigilance recommandée
- Niveau 2 : prudence accrue ;
- Niveau 3 : conduite fortement déconseillée.
Indépendamment de cette classification, le Code de la route prévoit que la conduite est interdite dès lors que l’état du conducteur ne lui permet pas de maîtriser son véhicule en toute sécurité.
⚠️ La vigilance est particulièrement requise en cas d’automédication, pratique déconseillée, certains médicaments pouvant altérer les capacités de conduite sans que l’usager en ait pleinement conscience.
Plus d’informations : Les médicaments et la conduite
Alcool au volant : des seuils strictement encadrés

Le Code de la route fixe des seuils précis d’alcoolémie à ne pas dépasser :
- 0,5 gramme d’alcool par litre de sang (0,25 mg/l d’air expiré) pour les conducteurs en général ;
- 0,2 gramme par litre de sang pour les conducteurs en période probatoire et pour certaines catégories professionnelles, notamment le transport de voyageurs.
Le dépassement de ces limites constitue une infraction pouvant entraîner :
- Une contravention lorsque le taux est compris entre 0,5 et 0,8 g/l (amende forfaitaire de 135 € et retrait de 6 points du permis de conduire) ;
- Un délit à partir de 0,8 g/l, passible de 4 500 € d’amende, de 2 ans d’emprisonnement, d’un retrait de 6 points, ainsi que de mesures complémentaires (suspension, annulation du permis de conduire, immobilisation du véhicule).
Plus d’informations : L’alcool et la conduite
Être acteur de sa sécurité et de celle des autres usagers
Conduire sous l’emprise d’alcool, de stupéfiants ou de médicaments incompatibles avec la conduite expose à des conséquences particulièrement lourdes. En cas d’accident, les sanctions pénales sont fortement aggravées et peuvent aller jusqu’à des peines d’emprisonnement.
Au‑delà de l’aspect judiciaire, les conséquences peuvent être durables : prise en charge des victimes suivie d’un recours de l’assurance contre le conducteur, pertes financières importantes, résiliation du contrat d’assurance, voire difficultés à se réassurer.
Pour les conducteurs professionnels, les impacts peuvent être immédiats avec une suspension ou un retrait de permis entraînant une impossibilité d’exercer.
👉🏼 Face à ces risques, quelques principes simples doivent guider chacun : ne jamais prendre le volant en cas de doute sur son état, anticiper les situations à risque (alcool, fatigue, traitement médical), se méfier de l’automédication et, en cas d’incertitude, savoir renoncer à conduire pour la sécurité de tous.
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